Je m’en rappelle comme si c’était hier. Un jour de décembre 2006. Je ne sais plus pour quelle raison mais ma maîtresse de stage était absente ce jour-là, et m’avait chargé d’accueillir à sa place un livreur de champagne au bureau. Elle m’avait montré comment utiliser la machine à café pour être un bon hôte. A l’époque, j’étais encore moins sociable que maintenant, alors si elle ne m’avait donné aucune consigne il m’aurait apparu normal de prendre la caisse de bouteilles à son arrivée et de dire “merci au revoir”, mais j’étais décidé à jouer le jeu.
C’était samedi, elle avait déposé la clé du bureau dans ma boite aux lettres, c’était ma seule mission de la journée. Je pars en avance en voiture, puis j’arrive devant la porte. Oups. La clé. Est restée chez moi.
Pas de “papier stylo” sur moi, je tente le tout pour le tout et refait l’aller-retour jusqu’à chez moi en poussant ma vieille AX. J’ai échappé de peu à un drame.
Plus récemment, dans l’avion pour Paris, il y a un peu plus de trois semaines, trois heures avant l’atterrissage, l’éclair dans ma tête. “Nom d’une pipe, ma carte bleue est restée à Shanghai.” C’est pas pratique pour prendre le RER ça. Je fais état des solutions qui s’offrent à moi : A) Faire la manche B) L’appel à une amie C) Obiwan Kenobi . J’ai finalement opté pour la réponse D : changer 10 francs suisses restés dans mon portefeuille pendant deux ans, et 100 yuans. La madame du bureau de change m’en donne 13 euros et des poussières. Pile de quoi traverser Paris en RER. Encore un drame d’évité.
Mais tout ça, c’est pour évoquer ma soirée de mercredi à Roissy. Comme ma valise était trop lourde, j’ai dû transférer pas mal de choses dans un sac cabine. Par exemple, des livres. Et puis tant qu’à faire, hein, on va pas se gêner, j’y mets aussi des bocaux de terrine et une petite trousse de toilette avec un gel douche et un lait pour le corps dedans que ma mère a acheté pour ma douce et tendre qui m’attend à Shanghai. Confiant, je passe tout ça dans la machine à rayons X qui me prive d’un accès direct à la zone d’embarquement. L’inspectrice manque de faire une attaque. “Quoi, il y a un problème ?!”, dis-je. “Allez voir mon collègue.” Cette fois, je ne pus rien y faire, j’étais sans défense…
Stupide un jour, stupide toujours ?